FEMMES ADULTÈRES
Je n'écris pas
Pour ces femmes vertueuses et froides qui dégagent, rien qu'en vous regardant une haleine d'eau bénite et de cierge refroidi,
Pour celles qui, fantômes de la rue, glissent sous leurs longs voiles noirs un corps définitivement clos.
En fondant obstinément leur regard noyé dans la grisaille des murs, elles se perdent dans les obscurités froides de ce dieu inventé par les hommes
Pour leur malheur sans fin.
Alourdies par le poids des siècles de servitude, elles n'avancent plus que pliées par la crainte d'un inintelligible châtiment déjà reçu et à venir.
J'écris
Pour les femmes adultères dans leur orgueilleuse liberté, sur la peau desquelles on aspire la lumière à mains pleines qui n'ont au soleil d'autre parfum que celui du plaisir, de la joie, du bonheur.
Et aussi parfois l'allure du malheur profond qui se tait.
Je n'écris
Enfin
Que pour toi
Qui embrasse un ciel toujours béant
Respirant la sublime fureur
De tout ce qui est vivant.
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