UN SOIR DE DÉRAISON
C'était un soir de déraison,
on avait mis le lit à table,
un vin rouge âcre et épais brûlait jusqu'au bout de ses yeux et ses lèvres étaient carnassières sur un fond lie de nuit.
Dans l'attente
je prenais en plein ventre le tragique sublime du désir et la volupté de l'instant en devenait déchirante.
Quand, au dessus des verres, elle s'est mise à nu,
mon rêve jaillit entre ses seins
et ce jour finit en une nuit
de beauté aiguë et jubilatoire.
La vie morsure intense me tatouait la peau profondément de son inflexible puissance à jouir et à faire jouir.
Intraitable dans ses caresses prodigieuses et contenues,
vers quel horizon voulait – elle m'entraîner?
Désirable comme l'enfer dans ce qu'il a de boréal,
elle affirmait
comme un éclat de rire giclant entre ses cuisses dévoilées et dénouées
dans l'instant le réel
en me distillant en gouttes de sang l'indispensable et impérieuse cruauté briseuse de chaînes,
Couchée sur moi,
elle me dansait le miel dans le silence en m'acculant sur le mur d'un tourment de plaisir implacable et juteux.
Je l'ai sentie partir,
fulgurante comme une étoile à plein ciel
pour mieux me revenir,
attentive à me tisser
la pure jouissance.
Commentaires
Savourement déraisonnable.
Savourement déraisonnable. cette scène surréaliste du vin bu jusqu'à la lie de ta démesure.
Comme quoi ! il ne sert à rien d'inventer le futur aux aléas douteux...
Il est simplement bon, de vivre l'instant présent, au présent de la passion qui perdure.
Au plaisir d'une autre de tes divagations
Je les aime à ta façon
Raynald
Tout ce qui arrive, arrive pour un plus grand bien... Ce que je fuis me poursuit...Je suis uniquement ce que je crois être, et j'attire à moi le beau, le bon et le merveilleux...