LES SAINTS
Leur morale, leur vertu,
sont des enfants mal formés,
nés dans un lit sans jouissance où dort sans repos un pendu crucifié sous une lune glacée.
D'une puissance d'eunuque,
ce sont de pauvres êtres
aux doigts gelés inaptes à la caresse,
et dont les jambes anémiques tremblent sous un ciel si bas et lourd
que leurs chiens en errance ont fini
à la rubrique des écrasés.
Illettrés de la vie, analphabètes du corps, chastes hallucinés à force de continence,
Ils stagnent
dans un vague utérus aux muqueuses altérées,
baignant dans une eau amniotique acidulée et tirant des bordées philosophales jusqu’à y perdre le tissu de leur sexe.
Fous de leur chasteté
Ils en deviennent concupiscents
Et leur chemin mène à l'enfer du vice.
Le mieux, pour ces ignorants de la chair est d'offrir la souffrance comme une rédemption. L'éternité, croient – ils, est le salaire du martyre dans un paradis où tout sera permis.
Leur esprit
Fait de rage et de ressentiment
S'agite sans fin dans un bruit de galets.
Ils jouissent alors des forces folles qui les détruisent, lamentables ruines et ne connaissent jamais les simples réjouissances à partager au milieu des hommes.
Alors que la vie
Est volonté de jouir
Et se construit à chaque orgasme,
Ils fuient dans un paysage en charpie en crevant de l'urgence qu'ils mettent à tuer nos rêves pour nous vêtir de leurs cauchemars.
Commentaires
Magnifique François... je
Magnifique François...
je vois de plus en plus sur tes écrits, les traces laissées par l'intuition.
Alors...
Bonne continuation
Et à la revoyure.
Raynald
Tout ce qui arrive, arrive pour un plus grand bien... Ce que je fuis me poursuit...Je suis uniquement ce que je crois être, et j'attire à moi le beau, le bon et le merveilleux...