Hans Lada Kodiac
Ma mère buvait comme une outre et mon père se droguait jusqu’au délire. Pendant qu’ils vaquaient à leurs petites orgies insignifiantes, moi, j’essayais de décrypter les Caractères de la Bible pour apprendre à lire et à écrire.
Naturellement, ces lectures m’influençaient et, bientôt, je voulais entrer dans les Ordres. Mais papa et maman, dégoûtés par mon choix idiot et ne voulant pas prendre le risque d’avoir un pédophile dans la famille, m’expédiaient dans l’Ordre des SS.
C’était une congrégation que je ne connaissais pas. Mais il y avait certes de sérieuses tendances au socialisme dans cette communauté de fascistes, puisque tout le monde s’habillait de la même manière et partageait les mêmes tâches.
Je remarquais aussi que mes compagnons et moi-même étions tous de grande taille et que nous avions, pour la majorité, les cheveux blonds et les yeux clairs. J’en déduisais que l’acronyme de la congrégation, SS, s’apparentait à symbole sexuel, et que c’était pour cette raison que les gens nous appelaient les bons Ariens.
Au début, on paradait beaucoup devant des dignitaires étrangers. Ils étaient de haut rang pour la plupart et venaient voir notre pays. Parmi eux, il y avait le roi d’Angleterre, un enthousiaste de notre cause. Ce qui allait lui coûter son trône d’ailleurs. Quant aux chefs religieux, on les entendait très peu, on ne les voyait surtout pas.
Quand venait notre tour de visiter les autres pays, l’accueil de nos hôtes s’avérait souvent tiède, pour ne pas dire d’un froid sibérien.
J’étais justement dans une de ces contrées froides où j’apportais un message caritatif, quand une militaire Slave, qui portait une étoile rouge aux allures de la star académie, m’a fait prisonnier.
À la pointe de son arme, elle m’amenait jusqu’à une Lada dans laquelle elle nous enfermait, elle et moi. Puis elle m’obligeait à faire d’horribles saletés sous ses yeux, avant de s’asseoir sur moi pour faire du cheval.
Cela me traumatisait beaucoup d’être ainsi chevauché par une académicienne au gabarit d’une armoire à glace et à l’hygiène douteuse. Aussi, lorsque j’entendais la suspension de la Lada éclater, je tombais dans les pommes.
Quand je reprenais conscience, j’étais seul et pieds nus dans la Lada. Elle m’avait abandonné en apportant mes bottes, des Kodiac, lesquelles sont cent fois supérieures à toutes ses bottes, à elle.
Je mettais des heures à retrouver mes esprits. Après tout, j’avais été atteint jusqu’au plus profond de ma superficialité. En fait, mon cerveau n’a jamais voulu admettre que l’hygiène d’une étoile de l’académie ne valait guère mieux que la suspension d’une Lada.
Jean Narrache
Commentaires
ça c du jean...
Depuis il ne lit plus que les revues techniques automobiles ???
C'est connu, les bons Ariens n'ont SS de prendre leur weise pour des lentes ternes...
(Lao Tseu qui n'ont pas mis les pieds, ne peuvent pas comprendre...:o)
a+
:oj LeR@miou (déchaîné...)
:oj LeR@miou
J'ai souri
C'est plutôt bon signe ..... :)
J'adore ces textes.
Il fait un soleil magnifique et, depuis deux jours, la neige a repris du blanc. Ça sent pur !
Plus tard Jean, lorsqu'on aura apprivoisé la méthode :
Merci de ces excellentes prestations.
Belle journée !
Myriam