Pi tiens, je vous sers un p'tibout...

Portrait de olivannecy

Ceci est l'intro d'ART K HIC, en cours d'écriture et de réécriture... finalement prévu en 2 tomes, j'en ai d'ailleurs deux tonnes que je défriche, déchiffre enfin bref ça avance... avec d'autres choses...

Si vous en voulez d'autres p'tibout faudra demander gentiment, non mais !!!

P.S. : pour les commentaires : n'oubliez pas que je suis non conformiste pour la forme, quant à l'histoire qui va vous paraître partir en vrille... c'est bien fait pour vous na !!

ART K HIC
(Le chat à l’œil de verre)

Haie ! Quoi ? Scions…
(Prologue, partie 1)

Bébert est pourtant sûr d’avoir volé le bon calcul. Il s’est introduit par l’arrière de la clinique pour soustraire le précieux récipient de l’opération de son grand-père afin d’être en équation totale avec ses convictions religieuses qui veulent que le corps d’un défunt ne peut être enterré par fraction.

Tout s’est pourtant déroulé selon la procédure intégrale de la loi des morts, méthode devenue commune dans l’ensemble des dix-sept mondes parallèles de la confrérie de l’hypoténuse.

Ce n’est pas comme s’il s’était aventuré dans l’inconnu en présidant une cérémonie funèbre perché sur un autel comme lui avait conseillé une médiatrice débarquée d’un espace s’appelant Terre où s’entremêlaient de multiples croyances ethniques bêtement entassées dans un même monde.

Bref ! Il a bien fait un petit tas, au milieu de la pièce qui lui sert de cave, avec les ossements de son aïeul, puis disposés aux cinq coins du local les petits bouts récupérés, que son ancêtre a disséminés au long de sa vie.
Tout est en ordre, et ce, de X à Y, enfin à la vue des soixante-quinze lettres de son alphabet…
Il se met donc à réciter lentement l’incantation mortuaire destinée à libérer l’âme du défunt pour qu’il puisse se libérer et se réincarner sereinement.

« Petit a », la prière pour l’amas principal qui ne tarde pas à s’envelopper d’un halo bleuté. Ensuite un psaume particulier pour chaque élément séparé de façon à les unir au rachis principal.
Chaque morceau vient se recoller au corps primaire, du moins pour ce qu’il en reste.
Bébert a mis deux longues années pour rassembler les différents fragments, au point que l’élément de base se trouve dans un état de décomposition avancée, et nauséabond.
Il est donc pressé d’en finir quand il arrive enfin au dernier calcul qui dans l’équation de la réunification de toutes les fractions doit aboutir à la révélation de l’aura, médiatrice du transfert intégral de l’esprit du défunt.
Mais qu’elle n’est pas sa surprise face à la réaction totalement incongrue du dernier résidu qu’il vient de ramener…
Au lieu d’une lueur bleutée, une émanation vaporeuse et rougeâtre, voire rousse, se révèle !

Bébert fixe bêtement le récipient qu’il vient de ramener et constate que l’étiquette en est écornée. Quelqu’un a subtilement recollé l’identifiant de son grand-père sur un bocal inconnu. Il avait bien été surpris d’y trouver un œil de verre, mais il ne savait pas tout de lui. Le résultat n’en est pas moins bizarre. Le bleu et le roux s’entremêlent, un tourbillon vertigineux prend naissance au milieu de la pièce, envoyant tout ce qui n’est pas fixé dans celle-ci se fracasser sur les parois caillouteuses de la cave. Bébert est inondé d’une sueur froide incontrôlable, le souffle de la dépression déclenchée le plaque au sol.

Alors l’improbable se produit. Une masse difforme se structure devant ses yeux pour finalement donner naissance à une créature qu’il n’a jamais vue auparavant.
Une forme plus animale qu’hypoténienne… Quelque chose qui gratte doucement un souvenir de conte de son enfance où des animaux barbares domestiquaient les habitants de sa planète, il y avait des siècles de cela.
La structure se stabilise, le vent ne souffle plus. Il reste ébahi devant le résultat de la fusion improbable des deux esprits, tenant toujours le bocal incriminé dans l’une de ses mains gauches. L’être dont la réincarnation aboutit lui tourne le dos, un individu étrange, perché sur quatre pattes, enveloppé d’une fourrure rousse et balançant une longue queue bercée d'un vrombissement insoutenable. « IL » se retourne de façon altière.

Bébert plonge son regard dans celui du chat qui se tient maintenant devant lui. Oui maintenant il se rappelle comment se nommaient les viles créatures des contes de son enfance, et cet animal avait un œil de verre…
Celui-ci esquisse une sorte de sourire, un son comme un merci échappe de la cavité moustachue et acérée de crocs qui lui sert de bouche, avant qu’il ne se retourne.
S’ouvre alors la fenêtre temporelle qui l’aspire…

Bébert ne distingue plus qu’une chose, la planète de destination, une boule bleue qui lui est totalement inconnue.
Il a du mal à y croire, il vient de voir se réincarner le terrible chat roux à l’œil de verre des histoires horrifiques de sa tendre enfance.

Malheur à ceux qui vont désormais abriter cette terrible créature…

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